baikal2

Réveil dur dur avec la sensation angoissante d’être en retard et de louper le car qui part à 9h. A 8h-15 nous voilà partis pour une прогулка à travers Irkoutsk aux heures où la « Belle » s’éveille… Il fait -6° et le froid nous fouette (nous caline atténue Camille) le visage.
45 minutes d’émerveillement (les frissons me viennent rien qu’en l’écrivant) et chaque pas éveille en nous un attachement toujours grandissant pour cette ville.
Arrivés à la gare des cars nous achetons un petit biletik pour le bus de 9h, où nous nous retrouvons entourés d’Américains, partis également à l’aventure en Sibérie. Après 1h30 de trajet le long de l’Angara (environ 65km), nous arrivons à
Листвянка 
(Listvianka)… C’est-à-dire à l’embouchure de l’Angara et du lac Baïkal. Contrairement à ce que l’on pense évident, l’Angara découle du Baïkal !
Et à leur intersection se trouve le rocher célèbre tiré de la légende de l’Angara.
Le pied posé hors du bus, je cours au lac… une étendue gelée qui est bordée de montagnes et frappe par son immensité. Nous nous avançons sur la glace et trempons nos mains et pieds dans l’eau si pure…et si froide !! Mais pour 5 ans de plus à vivre, ça vaut le coup ?! Certains goûtent à l’eau car la glace craque à certains endroits, c’est seulement drôle pour les autres.
Un petit tour sur la glace puis le long du lac pour profiter du soleil qui brille de toutes ses forces, tentative vaine de combattre le froid. Nous en sommes quittes pour de beaux coups de soleil
J

Nous visitons un petit marché où nous mangeons un poisson typique de ce coin, l’omoul (
Омуль) et achetons quelques cadeaux.
Un petit thé au bord du lac pour se réchauffer du froid qui mord ?? Dans ce café où nous sommes restées deux bonnes heures, nous voyons un groupe de 6 personnes entrer. Nous remarquons tout de suite que ce sont des « nouveaux riches ». Bières et vodka coulent à foison sur leur table. Nous n’arrivons pas à détourner notre regard d’eux, tellement ils dénotent avec la pauvreté que l’on a pu voir jusque là en Russie. Deux des femmes ont un enfant, mais difficile de ressentir un instinct maternel dans ces deux jeunes adultes, qui pensent à notre impression surtout à s’amuser, ce qui à leur âge est tout à fait compréhensible !
Lors de notre ballade nous rencontrons un homme qui discute avec nous le long de l’eau, attendant un bateau pour l’emporter de l’autre côté de l’Angara, à Port Baïkal. Il s’appelle Evgueni. Il accepte de partager du temps avec nous pour discuter (nous l’écoutons surtout !) et il est vraiment intéressant. Il nous parle de sa région : depuis 12 ans il habite Irkoutsk. Il habitait avant en Ouzbékistan d’où il a dû partir en 90 lors de la révolution due au
распад
de l’Union soviétique. Il est ici chef cuistot à bord de bateaux !!
Nous apprenons de sa bouche quelques coutumes et croyances. Il paraît que les gens viennent ici pour renaître et mourir, serait-ce là l’eau de vie (non alcoolisée) des russes ?
Il nous parle de la pierre du lac Baïkal, le «
скарн » (skarn) qu’ils ramassent tout au fond du lac. Le dieu du lac Baïkal est Бурхан 
(Bourkhan) et prend forme dans des figurines porte-bonheur qui se vendent au marché. Les yeux bridés, le ventre plein; la première goutte tombée sur sa tête porte chance.

Suite de notre fabuleuse journée : musée du Baïkal où nous nous esquivons du guide pour étudier les données sur le lac : avec une profondeur de 1637m, une largeur de 27 à 80 Km et une longueur de 636 Km, une surface de 31 500 Km2, ce lac contient 20% des réserves d’eau douce mondiales. Et il a 25 millions d’années !!
Nous admirons aussi les espèces qui peuplent les alentours et le lac lui-même, en particulier certains poissons et deux phoques en aquarium (nommés «
нерпа
»). Un peu triste à voir…

Sortis du musée, 2 Km à marcher pour rejoindre le village et nous admirons le temps qui change et les lumières qui transforment le lac et les montagnes. Une partie du lac n’est pas gelée, celle qui touche le fleuve Angara. Cela permet aux bateaux de faire la liaison avec Port Baïkal qui se situe à l’est.
Revenus à Listvianka, il est bientôt l’heure de rentrer à Irkoutsk et c’est avec regret, car nous ne nous lassons pas de boire des yeux cette merveille naturelle…
Le bus nous berce au retour et nous observe rêver à ce que nous venons de vivre…

Retour de la station de bus à l’hôtel par la ville… nous trouvons en chemin un cybercafé qui tombe à pic pour communiquer à nos proches que nous sommes toujours vivantes et heureuses de l’être. Après une pause- pipi (il y a des pipis qu’on n’oublie jamais ;), nous rentrons doucement, comme à notre habitude, по улицам Иркутска… Et nous atteignons les berges de l’Angara qui nous accueillent avec un coucher de soleil digne de notre journée… c’est le ruban qui enrobe le cadeau.

De retour à l’hôtel nous dînons, bavardons, jouons aux cartes… et gardons les mirettes pleines d’étoiles !!

  Споконой ночи всем